À yeux clos [5]

Toujours dans la série « à yeux clos » (paysages réalisés en partie les yeux fermés), voici deux nouvelles lithographies en grand format (enfin, 40x60cm, ce qui pour moi représente un grand format ;-)).

En même temps que je confectionnais mon premier petit leporello de la série (et petit est le mot, 8x8cm), je me suis attaqué à deux grandes pierres (mon dos s’en souvient encore) pour réaliser deux nouvelles lithographies monumentales (40x60cm, notez l’exploit).

Si une partie plus au moins grande du dessin sur la pierre est réalisée à l’aveugle (d’où le titre « à yeux clos »), les réserves de blanc (étape préalable au dessin, qui va venir bâtir l’image) sont réalisées à yeux grands ouverts.

Dans le cas de la première lithographie, la plus foncée, je me suis inspiré, pour placer les blancs, d’une gravure du peintre et graveur Hercules Seghers:

Dans le cas de la seconde lithographie par contre, je me suis inspiré du résultat d’un petit exercice de dessin d’observation réalisé quelques semaines plus tôt:

Première étape, le modèle – réalisation d’un petit paysage de papier

Deuxième étape, le dessin d’observation au crayon

Troisième étape le dessin sur la pierre

Et dernière étape, l’impression

Comparaison: Dessin / lithographie

(faites glisser les petites flèches de gauche à droite pour comparer)

Histoire à suivre 😉

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À yeux clos [4]

Suite de la série « à yeux clos ». Après les leporellos dessinés, les premières lithographies, voici la suite logique, mêlant lithographie et livre accordéon .

Dès la création de mes premiers leporellos (livres accordéons) en dessin, l’envie m’était venue de répéter la démarche en lithographie.

Il m’a fallut pour ça un peu de temps, tout d’abord pour trouver comment transcrire la démarche en lithographie, faire des essais, et puis un peu de temps aussi pour me motiver à me casser la tête (et peut-être les dents) sur ce projet (où la précision est le maître mot)…

Ce livre (ainsi que d’autres de mes livres) est normalement consultable à la bibliothèque de Mons.

Tout d’abord quelques photos de la pierre, avec le premier état du dessin (prêt à être retravaillé), et les nouvelles réserves à la gomme arabique bleue (qui donne un assez beau résultat éphémère).

Après l’impression des 15 exemplaires, il faut tout plier 😀

Et après avoir rogné, ajouté la couverture, le texte et une pointe de couleur…

… voici le résultat final:

Et comme les photos sont parfois trompeuses sur la taille des choses, le voici dans ma main 😉

Histoire à suivre 😉

Articles en lien avec la gravure:

Vous pouvez retrouver ce livre et d’autres créations dans ma boutique en ligne

Poins, lignes, plis

Aborder la « non-figuration » avec les enfants n’est pas toujours évident. Mode d’expression premier pour les enfants en bas âge, elle peut sembler rétrograde pour les plus grands.

Et cela sans compter sur la sempiternelle activité « à la manière de Mondrian » qui, non seulement limite la démarche de l’artiste à un simple coloriage de carrés colorés et de lignes noires, mais aussi contribue à rendre barbante l’expérience abstraite chez les enfants.

Voici un atelier réalisé avec mes groupes 6-8 ans de l’École des Beaux-Arts de Wavre autour de petits montages abstraits. Atelier qui a assez bien fonctionné…

1. Points

Pour cette première étape j’ai distribué aux enfants quatre feuilles.

En les comptant ensemble au fur et à mesure, je leur ai demandé de dessiner sur ces feuilles une série de points (en essayant de les répartir une peu partout sur la feuilles, bords y compris)

Il a fallu ensuite relier tous ces points

2. Lignes

Ça a été ensuite, au verso de ces feuilles, un peu le festival de la ligne:

Première feuille: La ligne la plus longue du monde

La consigne étant de faire, à l’arrière de la première feuille, la ligne la plus longue du monde :

Et c’est je crois, à ce petit jeu, Mathéo qui a gagné 😉

Deuxième feuille: Les formes

Avec des tracettes de fortune*, j’ai demandé aux enfants, à l’arrière de la deuxième feuille, de tracer des formes, ou des bouts de formes, en les superposant.

Après cela ils ont dû colorier certaines intersections entre les formes.

*Pour la petite histoire, les tracettes sont la récupération d’éléments qui entourent les pièces en carton des jeux neufs et que généralement on jette.

Troisième feuille: les scraboutcha!

D’abord petits, puis moyens, puis grands, la consigne était de remplir sa feuille de scraboutchas…

Et sur la quatrième feuille? On mélange tout!

3. Plis

Pour l’étape suivante, on a tout d’abord repris le recto des feuilles (le côté avec les points et les lignes). En découpant les lignes les plus proches des bords, les enfants ont dû créer des formes abstraites.

Enfin cette question: comment passer de quelque-chose de plat (2D) à un volume (3D)?

En pliant pardi!

Les formes obtenues ont été ensuite pliées et collées toutes ensembles, puis accrochées au mur…

FIN 🙂

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La cabane du Loup

Se promenant dans la forêt, les braves animaux ne savent pas que se cache, derrière ces arbres denses, la cabane de la famille Loup.

Atelier proposé à des enfants entre 6 et 8 ans.

S’inspirant d’un atelier riso animé conjointement avec la bibliothèque de Boitsfort (qui a aussi inspiré le livre auto-éditié promenons-nous), et après avoir réalisé, avec mes élèves de l’École des Beaux-Arts de Wavre, une série de petits loups en vacances, nous avons continué sur le thème du loup en créant des petits « livres-cabanes ».

Chaque élève a reçu une feuille pliée en deux. Je leur ai demandé d’y dessiner, des deux côtés, une forêt en bichromie (ce qui veut dire qu’ils ont dû choisir deux couleurs pour faire tous les arbres):

Ils pouvaient aussi y ajouter les animaux de leur choix:

Ensuite, il a fallut les plier et les découper (vous retrouvez les instructions de pliage dans l’article « promenons-nous« ) afin de créer le petit livre-cabane.

À l’extérieure la forêt, et à l’intérieur…

La cabane tout confort du loup 😉

Et maintenant les loups, revenus de leurs voyages, peuvent paisiblement recouvrer leurs pénates et savourer un repos bien mérité 🙂

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Promenons-nous…

Promenons-nous est un petit projet de livre publié en partenariat avec la bibliothèque de Watermael-Boistfort…

Vous vous souvenez de Simone, le risographe de la bibliothèque de Watermael-Boitsfort? Si non, cliquez ici pour faire sa connaissance 😉

Dans le prolongement de cet atelier réalisé avec les enfants, j’ai eu la chance de pouvoir réaliser moi aussi mon petit livre.

Voici Alexia (une stagiaire qui m’a été d’une précieuse aide) aux côtés de Simone.

La risographie permet d’imprimer avec des couleurs pures, première étape, impression en bleu roi:

Ensuite, seconde couleur, le rose fluo:

On obtient une impression A3, il va falloir maintenant plier et couper suivant les instructions suivantes:

Voici le résultat, un petit livre qui peut tenir debout (avec à l’extérieur la forêt, et à l’intérieur la cabane du loup à personnaliser), et qui peut aussi se replier pour devenir un vrai petit livre 😉

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Encyclopédies des îles imaginaires

Partant d’une part d’une réflexion sur la notion d’utopie, et d’autre part du très beau livre « Le Pays Incroyable » de Norman Messenger, nous avons créé, avec les enfants, une série d’atlas vous invitant à un voyage des plus singulier.

Atelier réalisé en 2017 avec des enfants entre 6 et 12 ans.

1- Le Pays Incroyable

« Le jour où j’ai découvert l’île Incroyable, j’étais en mer, à caboter tranquillement sur mon bateau, quand m’apparut soudain une terre spectaculaire que je n’avais jamais vue auparavant. Surpris et fasciné, j’éprouvai l’irrésistible besoin de m’en approcher pour en savoir plus.

À peine avais-je posé le pied sur l’île que je tombai immédiatement sous son charme. Aucun endroit au monde ne ressemblait à celui-ci. Les arbres, les plantes, les créatures et les gens étranges qui la peuplaient défiaient l’entendement. Il fallait sans délai que j’explore et étudie cet endroit incroyable et que j’en consigne les particularités. »

Ainsi commence l’étonnant carnet de voyage imaginaire appelé « le pays incroyable », écrit et illustré par Norman Messenger et édité en français aux éditions Seuil jeunesse (2012). Composé de doubles pages à rabats construites comme les planches naturalistes des voyageurs des siècles passés, Norman Messenrger nous y décrit, avec force détails, les richesses du pays Incroyable (île dotée de jambes et donc capable de se mouvoir seule dans l’océan).

On y découvre entre autre son habitat : des maisons toutes différentes et colorées faites de briques et de bois fournis par l’Arbre-Brique et l’Arbre-Étourdi:

Sa flore et de sa faune, avec l’Arbre-à-Pâtes, l’Arbre-Chocolat, la Fine-Anguille-Frustrée ou le Poisson-à-Grosse-Bouche:

L’on y rencontre un extraordinaire verger-potager, aux légumes spectaculaires et succulents (d’après l’auteur), l’étonnante Vache-Double-Crème ou l’Arbre-à-Voiles, idéal pour filer le long des côtes:

Et l’on y parcourt aussi les lieux remarquables, comme La Montagne-de-Livres, les Montagnes-Noires-qui-font-peur:

source: ricohet

2- Quelques recherches

Il a fallu tout d’abord décider de qui faisait quoi. Par groupe de deux ou seuls les enfants on dû choisir le thème de la planche qu’ils allaient illustrer, soit en s’inspirant de thèmes pris dans le livre (le village, le pré fleuri, le lac magique etc.) ou alors en inventant leur propre thème (le zoo, le château fort des ours, le jardin d’horreur des princesses, etc.).

Ensuite, en utilisant la technique du collage, ils ont commencé leurs premières recherches:

3- Les encyclopédies:

Et enfin, en s’inspirant des collages, les enfants se sont attelés à la réalisation des planches finales.

Chaque groupe a, au bout de compte, conçu sa petite encyclopédie d’une île imaginaire, dont chaque enfant a reçu son exemplaire.

Voici les résultats finaux;

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L’heure bleue

Heure bleue, ou crépuscule, ou encore twilight en anglais, a fasciné le courant artistique des préraphaélites en Angleterre, et a été un bon moyen pour moi d’aborder la notion de nuances avec les enfants.

Voici un petit travail réalisé avec mes élèves entre 6 et 8 ans. Tournant autour des nuances de bleu, il a été fait en lien avec le travail des préraphaélites  et leur fascination pour le crépuscule, ce moment de la journée où le soleil vient de se coucher mais sans qu’il ne fasse encore nuit, le monde alentour est alors submergé d’une lumière bleue (comme une porte d’entrée dans le rêve), d’où l’appellation « heure bleue » en français, et « Twilight » en anglais.

Technique :

Gouache, collage

Consignes :

J’ai demandé aux élèves de peindre à la gouache 4 feuilles de papier (en travaillant sur les nuances de bleu sur la matière), une grande et trois petites. La grande feuille servant de fond, les trois autres de « papier coloré » dans lesquels venir découper les différents éléments qui constitueront l’image.

Voici quelques résultats réalisés par mes élèves:

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Fanzine

Voici le compte rendu d’un atelier BD que j’ai réalisé avec mes élèves en 2016. Attention, apprêtez-vous à faire les rencontres de Jean-Claude Banana (le fameux tueur en série), de Pauline Watson (l’agent secret qu’on ne présente plus), ou encore de Raymonde, l’effroyable tueuse à gage…

Pour créer une continuité entre les différentes planches des enfants, sans devoir créer pour autant un récit collectif, nous nous sommes inspirés du même procédé cyclique que Winsor Mc Cay (1869-1934) utilise dans sa BD culte « Little Nemo in Slumberland:

Pour celles et ceux qui ne verraient pas, chaque planche commence toujours par Little Némo dans son lit à l’heure du coucher , et finit par son réveil abrupt en dernière case.

Et comme il est important dans une BD d’avoir du mouvement, des personnages qui ne sont pas trop statiques, nous sommes aussi partis du travail d’étude du mouvement d’Eadweard Muybridge .

Pour commencer, chaque groupe a dû choisir un personnage, lui trouver un nom et un métier.

On a eu par exemple:

Pauline Watson, l’ingénieuse agent secret.

Jean-Claude Banana, redoutable tueur en série recherché par toute les polices du monde entier.

La terrible Raymonde. Pourquoi « terrible »? Car sous ses faux-airs de petite mamie gâteau se cache en réalité une tueuse à gage (et non à gaz, comme l’avait compris Martin).

Et nous terminons par le fier explorateur Jonathan Frankenstein.

Après avoir dessiné une première fois leurs héros, et en s’inspirant du travail de Muybridge (voir plus haut), je leur ai demandé de mettre ces personnages en mouvement:

Après avoir choisi en groupe un personnage, son nom, son « métier », et la situation dans laquelle il était empêtré, et après avoir aussi fait des recherches sur le mouvement, chaque enfant a enfin pu créer sa propre planche.

Voici quelques résultats (vous constaterez aussi que pour égayer la lecture nous avons agrémenté le fanzine de quelques jeux et publicités 😉 ):

1- Raymonde, tueuse à gage

Une nouvelle mission pour Raymonde! La voici qui part à la recherche de sa future victime.

2- Jean-Claude Banana, tueur en série

Arpentant un étrange bâtiment, Jean-Claude va de porte en porte, traversant des pièces et faisant des rencontres on ne peu plus étranges, afin de trouver la sortie ou, une nouvelle victime.

3- Pauline Watson, l’ingénieuse agent secret.

Prisonnière des ennemis de la nation, Pauline essaie de s’échapper d’une prison hautement surveillée.

4- Jonathan Frankenstein, le fier explorateur

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